Evoquer le patrimoine océanique réunionnais seulement sous l’angle de sa riche biodiversité serait incomplet sans présenter l'aspect culturel qui l'accompagne...

Petit extrait des missions de la direction des affaires culturelles - océan Indien (DAC oI) en lien avec la mer.

Marc Nouschi, le directeur de la DAC oI, est un inconditionnel des trésors marins. Mais ne voyez pas dans ce plongeur régulier un vain chercheur de métaux précieux abîmés. Les missions de ce haut fonctionnaire d’Etat concernant les artefacts engloutis s’exécutent sur le terrain de la coopération culturelle nationale et internationale, en plaçant « La Réunion terre de France, terre européenne comme base à destination des îles de la Commission de l’océan Indien et des pays alentours (Mozambique, Kenya, Tanzanie, Australie, Inde) ».

Une façon selon M. Nouschi, d’aborder les patrimoines des civilisations indianocéaniques en « transformant le rapport Nord-Sud en un axe Est-Ouest ». D’ailleurs, ces compétences d’ambassadeur d’une méthodologie d’inventaire patrimoniale sont très enviées à l’étranger, particulièrement dans le domaine de l’archéologie.

A La Réunion, les exemples de chantiers archéologiques ne manquent pas ; certains constituent ce que la DAC oI appelle « la libération de l’emprise marine », c’est-à-dire une zone de fouilles préventives avant de valider le lancement de travaux. Le chantier de la nouvelle route du littoral a d’ailleurs dû attendre, le temps que les équipes d’archéologues aient achevé leurs reconnaissances sur deux fronts : d’abord par « les études archivistiques sur les “minutes de la mer“ concernant les naufrages (une cinquantaine dans cette zone), [puis par] la détection avec appareils par les plongeurs pour vérifier l’absence de pièces archéologiques », précise M. Nouschi.

« PASSEUR CULTUREL »  

 Cette approche historicisée de la mer se prolonge de soutiens aux actions culturelles muséales. Mentionnons l’exposition du Muséum d’histoire naturelle, dirigé par Sonia Ribes, sur « Les monstres marins ». Ici ce sont les dimensions littéraires et iconographiques que la DAC oI a en charge de promouvoir, notamment en les rattachant à la culture insulaire. « C’est intéressant les monstres marins ! Nous pourrions remonter aux mythologies, à Jules Verne avec le capitaine Némo et la pieuvre géante : autant de références culturelles qui renvoie à l’imaginaire », rappelle le directeur.

On se situe là dans la démarche de médiation culturelle, à partir de laquelle M. Nouschi et la DACOI proposent une analyse du rapport de dangerosité de l’Homme réunionnais avec l’océan qui l’entoure : « On pourrait dire que la peur du requin, est l’équivalent de la peur du loup, de la bête du Gévaudan, elle se nourrit des mêmes fantasmes, des mêmes peurs. On a les mêmes réactions qu’avec le loup au 18-19 e siècle (il faut les exterminer, etc.) ».

Pour l’heure, nous pourrions aussi nous demander si un fortuné découvreur du trésor de La Buse n’aurait pas autant à craindre de la cupidité de ses semblables terrestres…

 

 

 

 

Kriké… Kraken !

Pendant longtemps, le calmar géant ou Architeuthis (nom latin) n’exista que dans l’imaginaire des hommes. Il a fallu attendre le 19e siècle pour que les scientifiques aient enfin la preuve de l’existence de ces incroyables céphalopodes vivant en pleine eau

Aujourd’hui les observations d’Architeuthis ne sont plus rares. Plusieurs spécimens blessés ou échoués ont été retrouvés, mais aucun n’avait été observé vivant, en pleine action. C’est chose faite! En effet, à l’automne 2004, des scientifiques japonais ont réussi à photographier un calmar de 8 mètres de long dans l’océan Pacifique Nord, près des îles Chichijima. Après a

voir pisté un groupe de cachalots, grands amateurs de calmars géants, l’équipe nippone a utilisé un appât plongé à 900 mètres de profondeur attirant ainsi un calmar.

 

Extrait du dossier thématique sur les montres marins – Médiathèque de La Cité de la Mer / Septembre 2013

http://mediathequedelamer.com

Source image : Musée Vivant du Roman d'Aventures / Muséum d'Histoire Naturelle de Lausanne

 

 

Plus d'informations sur: www.culturecommunication.gouv.fr/regions/dac-ocean-indien ou sur www.facebook.com/OIculture

 

 

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