Certains diront peut être que je fais des infidélités à Mr & Mme Hurot (tout le monde sais que je suis leur plus grand fan). 

Mais pas du tout, comme moi ils savent le courage qu’il faut à notre époque pour continuer à produire un pain et de la pâtisserie de qualité.

Comme Thomas Irigoyen de chez Oguia à Etang Salé les hauts, nous avons décidé d’encourager tous les amoureux de leur travail qui ne sont pas tombé dans la facilité des produits et techniques dites « modernes ».

Il faut que je vous fasse une confidence, il y a 25 ans de cela quand je gérais le marketing d’Intermarché, j’ai grandement participé à inonder le territoire métropolitain de ces horribles terminaux de cuisson et de ses millions de pâtons surgelés. J’étais convaincu à l’époque que c’était un produit de dépannage qui resterait en super marché…

Quand je vois aujourd’hui, au coin de nos rues, ces dépôts de pains et de pâtisserie industrielle, ces terminaux cuisant des produits précuits et surgelés qu’on nous vend au même prix que l’artisanal… Je me sens investi d’une mission !

Bonjour Thomas ! Avant tout, je veux te dire le respect que j’ai pour tous ces artisans qui vivent leur travail comme un sacerdoce. Tu peux nous raconter ton histoire ?

« Merci Gérald, c’est vrai que je préfère éviter au lecteur tout le discours sur la somme de travail physique, les horaires, les charges et le cout des matières premières de qualité… Mais, ça demande des efforts et des sacrifices d’être fier de ce qu’on fait ! »

« Sinon, sans raconter ma vie, je suis quand même fils de boulanger. J’ai grandi dans un  pétrin et j’ai travaillé dans la boulangerie dès l’âge de 10 ans pendant les vacances. Nous sommes partis de St Jean de Luz et nous avons ouvert une boulangerie en 2007 à St Pierre. L’immeuble a été racheté et rasé par un promoteur, alors nous nous sommes installés à Etang Salé en 2014. » 

« Comme je n’ai pas eu l’aide des banques, toute la famille s’est cotisée. J’ai récupéré le matériel de mon père et les fournisseurs ont joué le jeu (Je remercie au passage Mr Bouvier de la S4F). »

« Ici, c’est vraiment une entreprisse familiale ! On a commencé avec mon père, ma mère, et même mon frère et une cousine au début. On faisait des journées de 20 heures 7 jours sur 7 et, progressivement on a pris des employés. Aujourd’hui nous sommes 9 ! »

« Nous faisons du traditionnel et de la pâtisserie fine aussi, mais à prix abordables pour garder tous les types de clientèle. J’avoue que je suis content quand des vieux gramoun me disent que mes macatias ou mon masse-pain leur rappelle ceux du « tan lontan ».

« On fait du pain Bio, de l’épeautre, du Kamut, du multicéréales, et du complet avec un vieux blé d’Egypte. Toutes nos farines sont certifiées sans OGM, traditionnelles et label rouge… Dès le début ici, les gens ont vite fait la différence, alors je ne peux qu’inviter le plus grand nombre à venir partager ces valeurs avec nous ! »

 

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